21 avril 2011

Le Silmarillion, J.R.R. Tolkien


Les Premiers jours du Monde étaient à peine passés quand Fëanor, le plus doué des elfes, créa les trois Silmarils. Ces bijoux renfermaient la Lumière des Deux Arbres de Valinor. Morgoth, le premier Prince de la Nuit, était encore sur la Terre du Milieu, et il fut fâché d'apprendre que la Lumière allait se perpétuer. Alors il enleva les Silmarils, les fit sertir dans son diadème et garder dans la forteresse d'Angband. Les elfes prirent les armes pour reprendre les joyaux et ce fut la première de toutes les guerres. Longtemps, longtemps après, lors de la Guerre de l'Anneau, Elrond et Galadriel en parlaient encore. 
J'ai aimé !

J'ai découvert Tolkien avec l'immanquable Seigneur des Anneaux, qui a été un véritable coup de cœur et que je relis régulièrement; j'étais donc curieuse d'en apprendre plus sur l'histoire des Terres du Milieu. J'ai adoré Le Silmarillion qui se présente sous la forme de plusieurs récits qui retracent l'origine du monde, la naissance du mal, la création des elfes et des humains ou encore les grandes batailles qui opposèrent la lumière à l'obscurité. Contrairement au Seigneur des Anneaux que j'avais attaqué trop jeune (9 ans 1/2), et qui est pourtant devenu l'un de mes ouvrages préférés, je n'ai pas eu de mal à m'immerger dans l'univers et le style si particulier du Silmarillion. Cet ouvrage m'a bizarrement fait penser à la Bible (je dis "bizarrement" car je n'ai jamais lu la Bible, excepté quelques extraits...), voire aux livres saints en général, notamment à cause de la construction. Le Silmarillion présente en effet une sorte de "Genèse", qui explique la création du monde par Eru Ilúvatar ; certains passages que l'on pourrait qualifier de prophétiques annoncent des évènements ultérieurs, en particulier la bataille finale, "l'Apocalypse".

Christopher Tolkien, le fils de l'auteur, explique dans une préface particulièrement éclairante qu'il ne faut pas  forcément chercher de cohérence entre ces récits qui ont été écrits à des âges très différents de la vie de l'auteur, et qui peuvent donc présenter des contradictions ou répétitions. Personnellement, je n'ai pas du tout été gênée par ces fameuses "coquilles" puisqu'elles renforcent encore le sentiment d'historicité : nous imaginons aisément que ces textes ont été écrits jadis, puis recopiés, et nous sont transmis aujourd'hui sous une forme qui a pu varier. Cette impression est également confirmée par la manière dont l'auteur émet des hypothèses ou laisse des histoires de côté : "on ne sait pas ce qu'ils sont devenus", "on dit qu'il vécurent dans les montagnes", "leur histoire s'arrête ici et l'on n'entendit plus jamais parler d'eux"... Le style est très soigné, assez agréable malgré l'abondance de noms. J'ai lu Le Silmarillion davantage comme un ouvrage documentaire que comme un roman, et j'ai été heureuse d'en apprendre plus sur le monde incroyablement complet et complexe qu'a créé Tolkien.

Mais Le Silmarillion n'est pas ce que l'on pourrait appeler une lecture "détente" : il faut être très concentré ou vraiment passionné par l'univers de Tolkien pour pouvoir lire ce livre de façon fluide. La faute en grande partie à la profusion de noms et aux généalogies ardues (bien qu'il y ait des arbres généalogiques et un glossaire à la fin de l'ouvrage) ; j'ai parfois totalement décroché et ai dû refermer le livre pour m'y replonger un peu plus tard, à tête reposée.

Le Silmarillion, J.R.R. Tolkien
Éditeur : Pocket
Paru en 2002
478 pages
6.70 €
ISBN 2-266-12102-2

 7/20

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