05 mars 2014

100 Bullets (1) : Première salve, Brian Azzarello & Eduardo Risso


Vous voyez l'homme en noir, au coin de la rue, avec des lunettes fumées et une mallette à la main ? Oui, lui, celui qui vous regarde... Cet homme, c'est l'agent Graves. Dans la valise de l'agent Graves, vous trouverez une arme banalisée et cent cartouches. Vous trouverez également les preuves irréfutables des torts que vous avez subis, le nom des assassins de vos proches, leur identité, leur adresse... Il reste une chose à savoir, l'essentiel. Si vous utilisez l'arme et les cartouches, il est impossible de remonter jusqu'à vous. L'immunité totale. Après tout, comme le dit l'agent Graves : "Ces types sont des ordures..." Telle est la proposition tentante qui est faite à Dizzy Cordova et à Lee Dolan. L'occasion leur est enfin donnée de se venger des humiliations, du procès, de la prison...
J'ai aimé !

Ce mois-ci, K.BD vous emmène faire un tour du côté de l'Argentine ! Ça tombe bien, puisque le pays est à l'honneur du 34° Salon du Livre de Paris, qui se déroulera du 21 au 24 mars prochains. En attendant, direction le polar et la vengeance, avec ce comics à l'idée de départ étonnante et très prometteuse.

Digne des plus grands thrillers, 100 Bullets possède une présence à la fois graphique et scénaristique indiscutable. Ce premier tome réunit en fait trois histoires : celle de Dizzy, jeune latino-américaine tout juste sortie de prison, qui tente de se reconstruire après l’assassinat de son petit garçon et de son compagnon. Lorsque l’agent Grave lui remet la mallette meurtrière ainsi qu’une photographie dévoilant l’identité des meurtriers, la jeune femme devra démêler le vrai du faux pour avancer…

La seconde histoire nous plonge aux côtés de Lee Dolan, un homme qui a tout perdu après que la police a retrouvé sur son disque dur des images pédophiles. Ces deux récits, très différent, laissent entrevoir l'immense champ de possibilités qui s'ouvre aux auteurs pour développer le concept sans lasser le lecteur. La dernière histoire est davantage un clin d’œil, une anecdote, qui vient néanmoins éclairer le paysage global.

L’aspect psychologique m'a beaucoup plu : chaque récit est une réflexion sur le libre-arbitre, le destin, la vengeance, le pardon et la rédemption. Que ferions-nous à la place de ces personnes brisées ? Et surtout, qui est ce mystérieux agent Grave ? Ami, ennemi ? Il faudra lire la suite pour en savoir plus... et c'est d'ores et déjà prévu !


Côté graphisme, Eduardo Risso possède un style extrêmement particulier. Son trait appuyé est particulièrement expressif et contrasté. Malheureusement, j’ai eu beaucoup de mal avec les vastes aplats de couleurs ternes qui, s'ils contribuent à donner une ambiance glauque plutôt réussie, sont loin d'être ma tasse de thé.

Ce premier tome de 100 Bullets réussit en tout cas haut la main le pari d’accrocher le lecteur grâce à une narration rythmée et efficace, qui plaira sans nul doute à tous les amateurs de polars psychologiques.

100 Bullets (1) : Première salve, Brian Azzarello & Eduardo Risso
Éditeur : Panini Comics
Collection : Vertigo
150 pages
13.20 €
ISBN 978-2-8094-0595-8
Série terminée (18 tomes)

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