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26 janvier 2015

Real (2), Takehiko Inoue

Takahashi, l'ancien capitaine de Nomiya a été hospitalisé suite à un accident de la circulation. Une terrible nouvelle l'attend: il ne pourra plus marcher.
De son côté, Togawa réintègre l'équipe de handi-basket des Tigers et affronte les Kamikazes. Sa volonté de vaincre suffira-t-elle pour entraîner son équipe vers la victoire? Nomiya, quant à lui, assiste au match de son ancienne équipe, non sans émotion.


Comme Bidib, ma nouvelle collègue K.BD, j'ai trouvé que ce deuxième tome se distinguait du premier par une connexion entre les personnages moins forte. Si cela l'a gênée (moins dynamique, moins prenant) cela n'a pas entaché mon plaisir de lecture. J'ai même trouvé ce tome encore plus frappant que le premier !

Nomiya, le personnage principal, passe au second plan. Le récit s'équilibre entre le passée de Togawa et le présent de Takahashi, à l'hôpital depuis qu'il a été renversé par une voiture. Ce deuxième tome permet donc de faire avancer l'histoire tout en apportant un éclairage approfondi sur l'histoire de Togawa, et l'on comprend mieux ses motivations et son entêtement. Ce tome est extrêmement riche en émotions et j'ai même versé une petite larme pour Takahashi, qui n'est plus que l'ombre de lui-même. Son attitude de jeune coq a disparu et même si l'on éprouvait beaucoup d’antipathie à son égard dans le premier tome, on ne peut s'empêcher d'être très touché par sa grande solitude. Construit en miroir, le récit rapproche l'histoire de Takahashi de celle de Togawa : tous deux au sommet de leur gloire, ils connaissent un événement brutal qui les stoppent dans leur ascension et bouleverse leur vie. On apprend beaucoup sur  les personnages et leur histoire, les difficultés qu'ils ont eu à surmonter et celles qui les attendent. J'ai été complètement accrochée par la puissance du récit et l'universalité des sentiments. 


Le basket n'est pas aussi présent que dans le premier tome et cela confirme mon excellente impression : Real est un manga avant tout humain, où le sport permet d'extérioriser de nombreuses émotions mais ne prend jamais une importance exagérée. L'écriture est profonde, le récit bien construit, et le trait toujours aussi précis et détaillé. En bref, je me suis régalée avec le deuxième tome de cette série que je ne manquerai pas de continuer, et que je recommande à tous autant pour la richesse de ses sujets que pour sa qualité graphique.

Real (2), Takehiko Inoue
Éditeur : Kana
Collection : Big Kana
Paru en 2005
210 pages
8.75 €
ISBN 2-87129-710-X
Tome 1

08 septembre 2014

Real (1), Takehiko Inoue

Nomiya est au lycée. Il se distingue des autres par une coupe afro, une carrure impressionnante et un air nonchalant. Sa passion, c'était le basket-ball, mais il a tout abandonné après l'accident de moto qui a coûté ses jambes à la jeune Natsumi Yamashita. Torturé par la culpabilité, il va lui rendre visite très régulièrement. Un jour, dans un gymnase, Nomiya fait la rencontre d'un basketteur en chaise roulante, Kiyoharu Togawa. D'emblée, celui-ci lui propose un affrontement. Nomiya ne peut laisser passer cette provocation et, petit à petit, cela va réveiller ce qu'il avait enfoui au plus profond de lui !
Waouh !

Le mois de Septembre met à l'honneur Takehiko Inoue sur K.BD ! Une fois n'est pas coutume, j'ai décidé de me lancer dans la lecture d'un manga (je suis même rédactrice de la synthèse, oui oui mesdames !), qui plus est d'un manga sportif. Vous me direz, ça fait deux bonnes raisons qui aurait dû me faire fuir cette lecture, mais nous dirons qu'il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis... puisque j'ai été particulièrement séduite par Real.

Et par le personnage de Nomiya tout d'abord. Adolescent passionné de basket, le traumatisme de son accident de moto le laisse dévasté. Il sèche les cours, adopte un comportement provocateur et n'hésite pas à se battre. Il est finalement renvoyé de son école, sous le regard moqueur de Takahashi, un rival de son club de basket qui se réjouit d'accéder enfin au poste de capitaine de l'équipe. Désœuvré, Nomiya rend régulièrement visite à Natsumi, cette jeune fille qu'il connaissait à peine et qui a perdu l'usage de ses jambes dans l'accident de moto. "Il faut du courage pour aller voir quelqu'un qui ne vous aime pas...". C'est à cette occasion qu'il rencontre Kiyoharu, un basketteur hors-pair en fauteuil roulant. 

En mettant mon nez dans ce manga, je m'imaginais quelque chose à la Olive et Tom : des pages et des pages de terrain interminables, des dialogues minimalistes, des tas de bons sentiments... Real est cependant à l'opposé de ces clichés. Takehiko Inoue met en place une histoire riche et soignée, où le sport est avant tout le prétexte à une histoire profondément humaine, une histoire faite de drames, de déceptions mais également de moments de vie et d'espoir. Si ce premier tome se concentre sur la rencontre entre les deux garçons, on y croise pourtant bien d'autres personnages en toile de fond, et l'on pressent immédiatement que chacun aura son importance. J'ai particulièrement apprécié le fait que tous les protagonistes soit connectés d'une manière ou d'une autre ; cela rend le récit extrêmement prenant et dynamique. J'ai beaucoup aimé le charisme et la personnalité de Nomiya et Kiyoharu qui, quoi que très différents, se ressemblent par bien des côtés : passionnés, déterminés, combatifs, faisant preuve d'une certaine mauvaise foi... 

Les dessins sont à la hauteur du reste. Le trait fin et vif de Takehiko Inoue donne beaucoup d'allant et d'énergie à l'ensemble du récit ; j'ai été très sensible à la qualité des expressions des visages. L'auteur insuffle beaucoup de vitalité à chacun de ses personnages, d'ailleurs tous très reconnaissables. Quel plaisir de s'éloigner des figures et attitudes formatées de certains mangas ! Ce premier tome présente en outre quelques pages en couleur, et des sublimes séparations de chapitres probablement réalisées à l'encre ou à l'aquarelle, devant lesquelles je suis restée en totale admiration. L'ultime petit plus ? Le cahier informatif placé à la fin, qui nous apporte de précieux renseignement sur l'handi-basket, inventée en 1946, discipline désormais la plus populaire aux jeux paralympiques.


Real, c'est avant tout une leçon de vie, et c'est cela qui m'a transportée. Chaque personnage fait face à ses propres défis et obstacles qu'il doit surmonter en se remettant en question chaque jour. Dépasser ses limites, progresser constamment : de belles idées portées par une histoire originale et des illustrations soignées... Il n'en fallait pas plus pour me convaincre de continuer l'aventure

Real (1), Takehiko Inoue
Éditeur : Kana
Collection : Big
Paru en 2005
222 pages
8.75 €
ISBN 2-87129-709-6
D'autres K.BDiens : Bidib / Lunch-Badelel

18 avril 2014

Lastman (2), Bastien Vivès, Balak & Michaël Sanlaville

Lancé au cours du tome 1 de Last Man, le grand tournoi annuel parrainé par le roi Virgil et la reine Efira se poursuit. Contre toute attente, le duo improbable formé par Adrian Velba, 8 ans, et Richard Aldana, grand costaud surgi de nulle part, déjoue tous les pronostics. Les deux comparses se voient qualifier pour la grande finale, qui les opposera au tandem unissant Lord Ignacio Cudna et le terrible Cristo Canyon, invaincu depuis des années...
Coup de cœur !

Et c’est un doublé pour le trio électrique, qui signe à nouveau un tome particulièrement rythmé et prenant ! Lastman est sans conteste une de mes meilleures lectures de ce début d’année 2014.

Ce deuxième tome n’offre aucun répit au lecteur, et reprend directement là où le précédent s’était arrêté : Adrian fait face à Grégorio, l’un de ses camarades de l’école de combat, et le duel semble mal engagé pour notre jeune héros qui ne parvient pas à prendre l’initiative. Mais contre toute attente, Adrian, encouragé par Richard Aldana, finit par prendre le dessus et sort son adversaire du tapis.
Pas de temps mort : dès les premières cases, nous sommes de nouveau happés par l’histoire et son cadrage extrêmement dynamique.
Balak, Vivès & Sanlaville
De nouveaux adversaires font leur apparition ; la galerie se révèle bigarrée et donne bien du fil à retordre à notre duo atypique. Ce défilé n’a pas été sans me rappeler l’époque où je lisais Naruto, et l’on sent bien une fois de plus l’influence du manga traditionnel sur Lastman. Parallèlement, même si les scènes de combats occupent une grande partie du récit, l’histoire avance bien et se complexifie : les mystères autour de Richard s’épaississent, ainsi qu’autour de la mère d’Adrian qui semble cacher également de lourds secrets.

Complot, action, et amûûûr, le tout saupoudré de quelques scènes olé olé : voici les ingrédients d’un tome riche et mouvementé. Si vous avez aimé le premier, nul doute que vous apprécierez celui-ci ! Et pour ne rien gâcher, on retrouve avec un plaisir évident les touches d’humour qui font le sel de cette histoire. Le petit journal de bord de la production de Lastman est également bien fendard, et on en aimerait décidément plus !


Lastman (2), Bastien Vivès, Balak & Michaël Sanlaville
Éditeur : Casterman
Date de parution : 2013
204 pages
12.50 €
ISBN : 978-2-203-06880-3
Tome 1

08 avril 2014

Lastman (1), Balak, Bastien Vivès & Michaël Sanlaville


Le jeune Adrian Velba est heureux. Après avoir travaillé dur toute l'année dans l'école de combat de Maître Jansen, il va enfin pouvoir participer, pour la première fois de sa vie, au grand tournoi annuel parrainé par le roi Virgil et la reine Efira. Même son partenaire - le chétif Vlad, un piètre combattant- ne parvient pas à limiter son enthousiasme. Hélas, à quelques heures de la clôture des candidatures, Vlad déclare forfait, malade. 
Le coup est terrible pour Adrian, car il faut être deux pour s'inscrire au tournoi. Échec sans appel ? Non, car in extremis surgit un grand gaillard que personne n'a jamais vu en ville, Richard Aldana...
Coup de cœur !

Un coup de cœur avec Bastien Vivès aux commandes ? Qui l'eut cru ! Alors que je me pensais définitivement en froid avec l'auteur du Goût du chlore (qui m'a surtout laissé un goût amer), je suis complètement tombée sous le charme de ce manga atypique. Peut-être est-ce parce qu'il est écrit à plusieurs mains ; la collaboration entre Balak, Vivès et Sanlaville fait en tout cas des étincelles !

Très bel exemple de mélanges des genres, Last Man emprunte à la fois au manga et à la bande dessinée franco-belge. Les auteurs puisent allègrement dans les thèmes traditionnels des récits japonnais (le tournoi d'arts martiaux) qu'ils revisitent avec brio grâce à un dessin décalé et une mise en case ultra efficace, très cinématographique.



J'ai adoré la fluidité du trait et l'impression de mouvement qui s'en dégage ; les personnages semblent à la fois forts et élastiques, et les scènes de combat sont un pur régal. L'humour est également très présent, et l'on croise ça et là des têtes qui ne nous sont pas inconnues (on vous a vu, les frères Bogdanov !). On sent que les auteurs se sont pleinement amusés en évitant brillamment l'écueil du délire de potes inaccessible au lecteur.

Bref, je suis convaincue sur toute la ligne : l'histoire est entraînante, sans prise de tête mais assez développée pour nous donner follement envie de savoir la suite, le ton est léger mais pas creux, et l'objet lui-même est très soigné (galerie de personnages, autocollants, etc.). Vite, la suite !

Lastman (1), Balak, Bastien Vivès & Michaël Sanlaville
Éditeur : Casterman
Collection : KSTR
Paru en 2013
204 pages
12.50 €
ISBN 978-2-203-04773-0
Tome 2

02 novembre 2013

Freaks Squeele (1) : Étrange université, Florent Maudoux


À la Faculté des Etudes Académiques des Héros, Chance, Xiong Mao et Ombre entament le cursus qui fera d’eux des super-héros aptes à sauver le monde et ses environs. Du moins l’espèrent-ils ! Ces trois nouvelles recrues vont découvrir les joies de la vie universitaire, la concurrence sans pitié entre étudiants, les professeurs sadiques et le stress des examens. Une université pour apprendre à gérer son image et obtenir son permis de super-héros : il fallait y penser !
Waouh !

Je poursuis doucement ma découverte du label 619 d'Ankama avec un titre qu'il n'a désormais plus besoin d'être présenté : 6 albums, trois séries dérivées et une autre en préparation, l'univers de Freaks Squeele fait des émules et séduit toujours autant. Il n'est pas difficile de comprendre l'engouement que cette série suscite lorsque l'on met le nez dans ce premier tome au caractère affirmé et riche en rebondissements.

L'idée n'est pourtant pas spécialement originale puisque l'université pour monstre/héros/sorcier a fait le succès d'histoires telles qu'Harry Potter ou X-Men ; le traitement humoristique et l'indéniable "touche Florent Maudoux" font en revanche de Freaks Squeel une série qui n'a pas de mal à se démarquer et à revisiter les codes du genre avec originalité et fraîcheur.

Les premières pages nous laissent à penser que les "héros" de l'histoire sont une belle bande de losers : Xiong Mao, une jeune femme peu expansive et dépourvue de pouvoirs, Chance, une adolescente enthousiaste et maladroite et Ombre, un loup-garou passé maître dans l'art... de passer inaperçu. Ce trio improbable se retrouve à travailler ensemble lors des travaux de groupes, et quels travaux ! Traquer un monstre ou se saisir d'un maximum de paréos, les épreuves se suivent et ne se déroulent jamais comme prévu...

Ce qui fait à mon sens la force de Freaks Squeele, c'est l'équilibre absolument fascinant qu'a atteint Florent Maudoux dans les mélange des genre : à la fois comics, manga et BD franco-belge, ce titre hybride joue sur tous les tableaux sans faux pas. J'ai apprécié l'utilisation partielle de la couleur (qui n'est pas sans rappeler le très drôle Chosp d'Alessandro Barbucci) qui permet de travailler à des ambiances très différentes. Le trait de Florent Maudoux est clair et précis, extrêmement dynamique (il n'y a qu'à regarder la case ci-dessous !), voire un peu trop : les mouvement trop rapides et les cases trop petites rendent parfois le récit un peu confus.


En dépit de ce petit bémol, Freaks Squeele est une bande dessinée qui m'a beaucoup plu, notamment grâce aux nombreuses références plus ou moins cachées et à l'humour omniprésent qui font de cet album un concentré de bonne humeur que je recommande à tous !

Freaks Squeele (1) : Étrange université,  Florent Maudoux
Éditeur : Ankama
Collection : Label 619
Paru en 2008
131 pages
15.90 €
ISBN 978-2-916739-36-6
D'autres K.BDiens : Zaelle (3) (4) (Rouge) (Funérailles) / Choco

03 janvier 2012

Monster, tome 1 : Herr Doktor Tenma, Naoki Urusawa


La vie quotidienne de chacun est parsemée d'embûches.
Le prometteur Dr Tenma ne fait pas exception. Mais comment aurait-il pu imaginer qu'en remplissant sa mission de médecin, en sauvant une vie humaine plutôt que de courir après la gloire, il donnerait naissance à une telle créature ? Qu'est-ce que la justice et qu'est-ce que le mal ? A vous de voir...
J'ai aimé !

Sur les conseils de mon homme, je me suis plongée (non sans appréhensions) dans ce manga, genre que je suis loin d'affectionner après de nombreuses déconvenues. Après ma bonne surprise avec Quartier lointain de Taniguchi, j'espérais un titre vraiment à la hauteur pour conclure de manière agréable le challenge ABC 2011 (en fait, je l'ai terminé par du Proust, alors c'est raté ! ^^). Et une fois de plus, j'ai été convaincue par un manga, ce qui m'arrive assez rarement pour être souligné...
Comme je sais pertinemment que le style graphique ne m'emballe pas, j'ai fondé tous mes espoirs dans le scénario. Je n'ai absolument pas été déçue car la trame se révèle très intrigante et prenante, et ce dès les premières pages. Nous suivons l'histoire d'un jeune neurochirurgien extrêmement talentueux, le Dr. Tenma, qui a quitté le japon pour faire carrière en Allemagne. Alors que tout lui sourit, il décide de sauver un jeune garçon au lieu de faire une intervention sur le maire. Lorsque celui-ci décède, Tenma perd tout. Mais alors qu'il se résigne à n'être qu'un interne privé de reconnaissance à cause de magouilles politiques et médiatiques, les personnes responsables de sa chute sont mystérieusement assassinées...

J'ai vraiment beaucoup aimé l'univers alors que je ne suis d'habitude pas très emballée par les histoires de médecins. On se passionne très vite pour le docteur et son quotidien à l'hôpital, stressant à souhait mais immensément gratifiant, toujours très fort émotionnellement. La chute de Tenma est proprement révoltante, d'autant qu'elle fait écho à une réalité, où les intérêts de chacun l'emportent toujours, peut importe la valeur de la personne qui subit leurs conséquences. Être un génie ne protège pas des requins politiques... Le rythme est très plaisant, sans aucun temps mort ou longueurs mais assez lent pour laisser le lecteur s'imprégner de l'atmosphère du lieu et de l'époque, et du caractère de chaque personnage. Tenma est immédiatement attachant, grâce à ses faiblesses et ses doutes, qui le rendent très humain et finalement beaucoup plus courageux que les pontes qui s'agitent dans les hautes sphères. Les rebondissements ne manquent pas, et le mystère est bien présent. La pirouette finale nous laisse espérer des tomes bien plus angoissants et sombres, que je me ferai un plaisir de lire ! En revanche, je ne suis toujours pas convaincue par les graphismes bien que ceux-là soient originaux puisque l'histoire se déroule en Allemagne.


Monster, tome 1 : Herr Doktor Tenma, Naoki Urusawa
Éditeur : Kana
Collection : Big Kana
Paru en 2001
212 pages
7.35 €
ISBN 9782871293668

25/26

23 décembre 2011

Quartier lointain (1), Jiro Taniguchi



Qui n'a jamais rêvé de retourner en enfance ? C'est exactement ce qui arrive à cet homme mûr, qui de retour d'un voyage d'affaires, fait un détour par sa ville natale, pour se recueillir sur la tombe de sa mère. Il est alors projeté dans le passé, où il revit une journée de son enfance, tout en gardant son caractère et son expérience d'adulte. Pour la première fois, il verra ses parents avec le regard de quelqu'un à même de les comprendre.
J'ai aimé !

J'avais apporté un soin tout particulier à la liste de mon challenge ABC 2011 afin de varier au maximum mes lectures. Voici pourquoi ce titre s'est retrouvé à côtoyer des lectures qui me sont plus familières comme Croc-Blanc de Jack London par exemple. Il faut dire que je ne suis pas une très grande amatrice de mangas ; j'en ai bien lus quelques uns plus jeunes (Chobits, Love Hina, Chonchu ou Naruto), mais j'ai très vite éprouvé une grande lassitude voire presque un dégoût envers ce genre lorsque je me suis intéressée de plus près à la BD franco-belge et aux comics, qui me fascinent par leur diversité, tant au niveau scénaristique que graphique.

J'étais pourtant très intriguée par ce titre de Jiro Taniguchi, que je sais être un maître du genre. J'étais curieuse de lire enfin un manga « réaliste », qui ne se déroule pas dans un univers fantastique ou Moyen-Âgeux, où les personnages ne possèdent aucun pouvoir ou arme magique. J'ai donc plongé dans Quartier Lointain avec quelques appréhensions, qui se sont au final bien vite dissipées.

La magie opère petit à petit, bien que nous ne puissions réellement nous identifier au personnage principal, au mode de vie et à la culture bien trop éloignée de la nôtre. Cependant, les thèmes abordés sont universel : la peur de l'abandon, le libre-arbitre, etc. L'histoire est assez originale, bien que nous ayions déjà tous pensé une fois à remonter le temps pour en changer le cours. Les textes sont bien écrits et déroulent l'histoire de manière fluide et très compréhensible. J'ai été particulièrement sensible au désarroi et à la mélancolie qui heurtent le jeune (en fait, pas tant !) garçon lorsqu'il découvre qu'il va revivre les évènements de son passé en toute connaissance de cause. Ce récit oscille entre le cauchemar et le rêve, et l'auteur arrive parfaitement à nous faire ressentir ce duel qui agite l'âme du héros.

L'intrigue policière de la disparition du père est le fil rouge du récit, et permet d'accrocher véritablement le lecteur. On se surprend très vite à s'attacher à tous les personnage et à vouloir absolument savoir le dénouement de ce récit. Quant au dessin, il est très fin, plutôt classique. Le côté statique, que ce soit dans les expressions ou les mouvements, me dérange toujours un peu, comme dans les films ou animés japonais (y compris Miyazaki que je révère pourtant). Il est au final très agréable à l'œil et sied parfaitement à l'atmosphère de l'histoire, bien que je ne sois définitivement pas emballée par ce type de graphisme. En conclusion, une très belle découverte qui m'a totalement convaincue. Vite, la suite !!


Quartier lointain (1), Jiro Taniguchi
Éditeur : Casterman
Collection : Écritures
Paru en 2002
198 pages
13.50 €
ISBN 978-2-203-37234-4

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